Pension calculée sur le seul traitement indiciaire, primes presque ignorées, RAFP modeste : pourquoi la retraite des enseignants baisse fort, et les leviers (PER, Préfon, rachat de trimestres) pour combler l’écart.
La retraite d’un enseignant repose presque entièrement sur sa pension de fonctionnaire : jusqu’à 75 % du traitement indiciaire des six derniers mois, à condition d’une carrière complète. Le problème : les primes et indemnités (ISAE, ISOE, pacte, heures supplémentaires), qui pèsent une part croissante du revenu, n’entrent pas dans ce calcul. Elles n’alimentent que la retraite additionnelle (RAFP), cotisée à 10 % sur une assiette plafonnée à 20 % du traitement : un complément réel mais modeste, souvent versé en capital. Résultat, le revenu baisse sensiblement au passage à la retraite, surtout après un temps partiel ou une carrière incomplète. Les leviers pour combler l’écart existent : PER individuel déductible, Préfon, assurance-vie, immobilier locatif et rachat des années d’études, à activer d’autant plus tôt que l’horizon est lointain.
Le taux de 75 % s’applique au seul traitement indiciaire, et seulement pour une carrière complète : décote en cas de trimestres manquants, pension réduite au prorata après des années à temps partiel, et aucune prise en compte directe des indemnités dans la pension principale. Pour un enseignant dont les heures supplémentaires et indemnités représentent 10 à 15 % du revenu, le taux de remplacement réel descend fréquemment sous les 70 % du dernier revenu global, davantage encore pour les contractuels, qui relèvent du régime général et de l’Ircantec. Première étape : récupérer son relevé de carrière sur Info Retraite et repérer les trimestres manquants pendant qu’il est encore temps de les corriger. Les enseignants entrés tard dans le métier, après des études longues ou une reconversion, cumulent souvent les deux handicaps : trimestres manquants et primes ignorées.
Depuis 2005, primes, indemnités et heures supplémentaires cotisent à la retraite additionnelle de la fonction publique : 10 % (5 % pour l’agent, 5 % pour l’employeur) sur une assiette plafonnée à 20 % du traitement indiciaire. Ce régime par points ne verse une rente viagère qu’au-delà d’environ 5 125 points ; en deçà, il sert un capital unique. Pour beaucoup d’enseignants, le RAFP représentera quelques dizaines d’euros par mois ou un capital de quelques milliers d’euros : appréciable, mais sans commune mesure avec la baisse de revenu à compenser.
Les années d’études supérieures peuvent être rachetées, à tarif préférentiel dans les dix ans qui suivent la titularisation : un rachat de trimestres bien ciblé efface une décote et peut se révéler très rentable. Les périodes de temps partiel peuvent, sous conditions, être surcotisées pour compter comme du temps plein. Au moment de liquider, la question de la sortie du PER en capital ou en rente mérite un vrai calcul, tout comme l’opportunité d’un cumul emploi-retraite (cours particuliers, formation) pour lisser la transition.
Hélène, professeure certifiée de 45 ans à Lescar, perçoit 2 900 € nets par mois, heures supplémentaires comprises. Sa simulation Info Retraite annonce environ 2 050 € de pension : un manque de 850 € par rapport à son train de vie actuel. Elle verse 250 € par mois sur un PER : imposée à 30 %, son effort réel est de 175 €. En vingt ans, à 3,5 % de rendement moyen, elle accumule environ 86 000 €, de quoi retirer autour de 300 € par mois pendant toute sa retraite, en complément du RAFP et, d’ici là, d’un studio locatif financé à crédit. Chiffres purement illustratifs, à adapter à votre situation.
Pas dans la pension principale : elles n’entrent que dans l’assiette du RAFP, plafonnée à 20 % du traitement indiciaire. D’où l’intérêt d’épargner une partie de ces revenus supplémentaires plutôt que d’attendre de la pension qu’elle les reflète.
Les deux relèvent désormais du même cadre fiscal. Comparez les frais, les supports d’investissement, les options de sortie et les conditions de conversion en rente : le meilleur contrat dépend de votre horizon et de votre profil de risque, pas de l’étiquette.
Non : vous relevez du régime général et de l’Ircantec, sans règle des 75 % sur le traitement final. La simulation personnalisée est encore plus indispensable, et le PER tout aussi pertinent pour compléter.
Pension calculée hors primes, RAFP modeste : la retraite des enseignants se prépare, elle ne se subit pas. Relevé de carrière vérifié, rachat d’études étudié, PER alimenté régulièrement et épargne diversifiée suffisent le plus souvent à combler l’écart ; les agents publics disposent d’ailleurs d’atouts spécifiques, détaillés dans notre article sur le patrimoine des fonctionnaires. Pour chiffrer votre propre écart et construire le plan qui le comble, un conseiller en gestion de patrimoine à Pau vous reçoit pour un premier rendez-vous d’échange offert.