Capital libre mais imposé au barème et au PFU de 31,4 %, rente garantie mais irrévocable : les critères et un exemple chiffré pour choisir la sortie de son PER, et pourquoi le fractionnement change tout.
Depuis la loi Pacte, le PER laisse le choix au moment de la retraite : tout retirer en capital, en une ou plusieurs fois, transformer l’épargne en rente viagère, ou combiner les deux. Le capital offre la liberté et la transmission, mais sa fiscalité se pilote : la part correspondant aux versements déduits est imposée au barème, les gains subissent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. La rente garantit un revenu à vie, imposé comme une pension après abattement de 10 %, mais le choix est irrévocable et le capital ne se transmet plus. En pratique, la sortie fractionnée en capital, étalée sur plusieurs années pour rester dans une tranche basse, est souvent la solution la plus efficace ; la rente garde du sens pour sécuriser un socle de revenus quand la longévité familiale s’y prête. Décryptage et exemple chiffré ci-dessous.
Retirer son épargne librement, financer un projet, garder la main sur le capital restant : la sortie en capital a la faveur de la plupart des épargnants. Sa fiscalité mérite en revanche une vraie stratégie. Chaque retrait se décompose en deux parts : les versements que vous aviez déduits de votre revenu imposable sont réintégrés au barème de l’impôt, sans abattement, tandis que les gains supportent le PFU de 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, taux en vigueur en 2026).
Tout retirer l’année du départ est rarement une bonne idée : le capital s’ajoute à vos derniers revenus d’activité et peut vous faire grimper d’une ou deux tranches. Étaler les retraits sur cinq, huit ou dix ans, une fois votre imposition retombée, change radicalement la facture, comme le montre l’exemple plus bas. C’est le même raisonnement qui guide le choix initial entre assurance-vie et PER : on optimise à l’entrée comme à la sortie.
La rente transforme le capital en revenu versé jusqu’au décès, quelle que soit votre longévité. Pour l’épargne issue de versements déduits, elle est imposée comme une pension de retraite : barème après abattement de 10 %, plus prélèvements sociaux sur une fraction de la rente. Ses atouts : la sécurité absolue d’un revenu à vie et la possibilité d’une réversion au profit du conjoint. Ses limites : le taux de conversion dépend de votre âge et des tables de mortalité, le choix est irrévocable, et le capital non consommé reste à l’assureur au décès (hors options spécifiques). La rente se justifie surtout pour couvrir des dépenses incompressibles, en complément d’une pension jugée insuffisante, notamment lorsqu’on a préparé sa retraite avec un PER tout au long de la carrière.
Jean, 64 ans, cadre retraité à Billère, détient 120 000 € sur son PER, dont 90 000 € de versements déduits et 30 000 € de gains. S’il retire tout la première année, les 90 000 € s’ajoutent à sa pension et sont massivement imposés à 30 %, soit environ 27 000 € d’impôt, plus 9 420 € de PFU sur les gains : près de 36 400 € de fiscalité. S’il fractionne sur huit ans (15 000 € par an), la part de versements de chaque retrait reste taxée à 11 %, soit environ 1 240 € par an, et les gains au PFU environ 1 180 € : à peine plus de 19 300 € au total, soit 17 000 € économisés. Alternative : convertir 60 000 € en rente d’environ 250 € bruts par mois à cet âge et fractionner le reste. Chiffres purement illustratifs, calculés avant options et hors évolution des barèmes.
Oui. Vous pouvez convertir une partie du capital en rente pour sécuriser un revenu plancher et retirer le solde librement, en une ou plusieurs fois. La sortie fractionnée se programme avec votre assureur ou se pilote retrait par retrait.
Sur un PER assurantiel, le capital restant revient aux bénéficiaires désignés, avec un traitement proche de l’assurance-vie et des abattements qui dépendent de votre âge au décès. Sur un PER bancaire, il intègre la succession. La rente, elle, cesse au décès sauf option de réversion.
Oui, dans des cas limités : achat de la résidence principale (avec la fiscalité d’une sortie en capital) et accidents de la vie comme l’invalidité, le décès du conjoint, la fin de droits au chômage ou, désormais, la maladie ou l’accident grave d’un enfant à charge. Notre article faut-il ouvrir un PER détaille ces mécanismes.
Capital pour la liberté et la transmission, rente pour la sécurité à vie, combinaison des deux pour concilier les objectifs : il n’existe pas de bonne réponse universelle, seulement la vôtre, fonction de votre tranche d’imposition, de vos revenus et de vos projets. Le vrai gain se joue dans le calendrier des retraits, à préparer deux ou trois ans avant le départ dans le cadre d’un bilan retraite et PER. Pour bâtir votre plan de sortie, un conseiller en gestion de patrimoine à Pau vous reçoit pour un premier rendez-vous d’échange offert.