Après un record au-dessus de 5 100 $ l’once début 2026, quelle place pour l’or dans un patrimoine ? Physique ou coté, fiscalité (taxe de 11,5 % ou exonération après 22 ans) et bonne dose : le guide.
L’or signe l’une des hausses les plus spectaculaires de la décennie : l’once a inscrit un record au-dessus de 5 100 $ fin janvier 2026 et s’échange encore autour de 3 700 € à la mi-septembre, environ trois fois son niveau d’il y a dix ans. Les moteurs : achats massifs des banques centrales, tensions géopolitiques, défiance envers les grandes monnaies. Faut-il pour autant en mettre dans son patrimoine ? Oui, à sa juste place : l’or est une assurance qui ne verse aucun revenu, pas un moteur de performance. Une poche de 5 à 10 %, détenue en pièces et lingotins ou via des supports cotés, suffit à jouer son rôle de diversification. Sa fiscalité française est par ailleurs plus douce qu’on ne le croit : taxe forfaitaire de 11,5 % à la revente ou, sur option et facture à l’appui, taxation de la seule plus-value avec exonération totale après 22 ans de détention. Explications.
Depuis 2022, les banques centrales, pays émergents en tête, achètent l’or par centaines de tonnes chaque année (1 136 tonnes pour la seule année 2022, un record selon le World Gold Council) afin de réduire leur dépendance au dollar. Ajoutez les tensions géopolitiques, les inquiétudes sur les dettes publiques et des taux réels orientés à la baisse : le métal jaune a enchaîné les records en 2025, puis de nouveau début 2026. Rien ne garantit la poursuite du mouvement : après le pic de 2011, il avait fallu attendre près de dix ans pour revoir les sommets. C’est précisément pour cela qu’on achète l’or comme une assurance, pas comme un pari.
L’or physique (pièces comme le Napoléon ou le Souverain, lingotins, lingots) offre la détention directe, hors du système financier. Ses contraintes : un écart entre prix d’achat et de revente, la conservation (coffre bancaire ou domicile assuré) et une exigence de traçabilité, facture nominative et scellés étant à conserver précieusement. L’or « papier » (fonds indiciels et ETC adossés à de l’or, accessibles via un compte-titres, et certains supports en unités de compte d’assurance-vie) simplifie tout : frais réduits, achat immédiat, revente au cours du jour. En contrepartie, vous détenez un titre, pas un métal. Beaucoup de patrimoines combinent les deux : un socle physique de long terme, un complément coté pour la souplesse.
À l’achat, l’or d’investissement est exonéré de TVA. À la revente d’or physique, deux régimes au choix. La taxe forfaitaire sur les métaux précieux prélève 11,5 % du prix de vente total (11 % de taxe et 0,5 % de CRDS), quelle que soit la plus-value réalisée : simple et sans justificatif. L’option pour le régime réel taxe la seule plus-value à 37,6 % (19 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), avec un abattement de 5 % par an à compter de la troisième année de détention : l’exonération devient totale après 22 ans. Elle suppose de prouver la date et le prix d’acquisition, d’où l’importance vitale de la facture. Les supports cotés relèvent, eux, de la fiscalité des valeurs mobilières, avec le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.
Hélène, cadre à Jurançon, avait acheté pour 10 000 € de pièces d’or en septembre 2016, facture nominative à l’appui. Dix ans plus tard, son or vaut environ 30 000 €. En cas de revente sous la taxe forfaitaire, elle acquitterait 11,5 % de 30 000 €, soit 3 450 €. Au régime réel, sa plus-value de 20 000 € bénéficie de huit années d’abattement (40 %) : 12 000 € imposés à 37,6 %, soit 4 512 €. La taxe forfaitaire l’emporte ici ; quelques années de détention supplémentaires inverseraient la comparaison, et après 22 ans l’impôt tomberait à zéro. Chiffres purement illustratifs, hors frais de garde et d’intermédiaires.
Les allocations prudentes retiennent généralement 5 à 10 % du patrimoine financier. En dessous, l’effet d’assurance reste marginal ; au-delà, l’absence de revenu pèse durablement sur la performance d’ensemble. La bonne dose dépend de votre horizon, de vos projets et de vos autres actifs.
Personne ne sait où sera l’once dans un an. Le plus raisonnable est de lisser ses achats dans le temps, de raisonner à dix ans et de ne pas courir après un record : on achète l’or pour dormir tranquille, pas pour réaliser un coup.
L’or physique entre dans la succession ou peut faire l’objet d’une donation dans les conditions de droit commun, avec l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les quinze ans. Conservez la facture d’origine : elle permettra au bénéficiaire d’opter un jour pour le régime réel. Sans justificatif, la taxe forfaitaire de 11,5 % s’appliquera à la revente.
Record ou pas, l’or reste ce qu’il a toujours été : une réserve de valeur qui protège un patrimoine des scénarios extrêmes, au prix d’une absence totale de rendement. Une poche de 5 à 10 %, physique ou cotée selon vos préférences, une facture soigneusement conservée et des achats lissés dans le temps suffisent à en tirer le meilleur. Pour calibrer cette poche dans votre allocation d’ensemble, un conseiller en gestion de patrimoine à Pau vous reçoit pour un premier rendez-vous d’échange offert.