Assurance emprunteur : comment la loi Lemoine peut vous faire économiser des milliers d’euros

Résiliable à tout moment depuis la loi Lemoine, l’assurance emprunteur est l’une des économies les plus simples à réaliser : méthode, garanties équivalentes, fin du questionnaire médical et exemple chiffré à Lescar.

Réponse en bref

Depuis la loi Lemoine, applicable à tous les crédits immobiliers depuis septembre 2022, vous pouvez résilier votre assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni préavis, pour la remplacer par un contrat aux garanties équivalentes, souvent deux à trois fois moins cher que celui de la banque. Cette dernière ne peut pas refuser une délégation présentant des garanties équivalentes et doit répondre sous dix jours ouvrés, en motivant tout refus. La même loi a supprimé le questionnaire médical lorsque la part assurée reste sous 200 000 € par emprunteur et que le prêt est soldé avant les 60 ans de l’assuré, et a ramené le droit à l’oubli à cinq ans pour les anciens malades de cancer ou d’hépatite C. Selon le profil, l’économie se chiffre couramment en milliers, parfois en dizaines de milliers d’euros sur la durée du prêt : c’est l’une des optimisations les plus simples qui existent.

Ce que la loi Lemoine a changé

Trois avancées concrètes pour les emprunteurs :

  • Résiliation à tout moment : plus besoin d’attendre la date anniversaire du contrat. Le changement est possible à n’importe quel stade du prêt, dès le lendemain de la signature.
  • Fin du questionnaire médical sous conditions : aucune déclaration de santé n’est exigée si la part assurée cumulée ne dépasse pas 200 000 € par assuré (soit 400 000 € pour un couple assuré à parts égales) et si le crédit s’éteint avant vos 60 ans.
  • Droit à l’oubli ramené à cinq ans : un cancer ou une hépatite C n’ont plus à être déclarés cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute.

Pourquoi le contrat de la banque est souvent plus cher

Les contrats groupe des banques mutualisent le risque de tous leurs emprunteurs : les profils jeunes, non-fumeurs et sans antécédent y paient pour les autres. Les contrats individuels en délégation tarifent votre situation réelle : un trentenaire non-fumeur peut passer d’un taux d’assurance de 0,30 à 0,40 % du capital à moins de 0,15 %. Sur un prêt long, cet écart pèse souvent davantage que quelques dixièmes de point sur le taux du crédit lui-même. La logique est la même que pour un remboursement anticipé : chaque euro de charge évitée améliore l’opération, sans renoncer à l’effet de levier du crédit.

La méthode pour changer sans prendre de risque

Le point de vigilance n’est pas administratif mais assurantiel : le nouveau contrat doit présenter des garanties au moins équivalentes (décès, PTIA, incapacité de travail, invalidité, options rachat de franchise ou couverture des affections dorsales et psychologiques le cas échéant), appréciées sur la base de la fiche standardisée d’information remise par votre banque. En pratique, le nouvel assureur se charge des formalités et la banque émet un avenant, sans toucher au taux du crédit. Attention néanmoins à ne pas dégrader la couverture pour économiser quelques euros : l’assurance emprunteur protège d’abord votre famille, au même titre que la prévoyance. Notre page protéger ses proches et notre article sur la prévoyance familiale replacent cette couverture dans votre protection d’ensemble.

Ne pas raisonner en silo : quotités, prévoyance et locatif

Le changement d’assurance est aussi l’occasion de revoir la structure de la couverture. Les quotités d’abord : un couple assuré 50/50 divise la cotisation, mais ne rembourse que la moitié du prêt en cas de décès de l’un des deux ; une quotité de 100 % sur chaque tête coûte plus cher et solde tout le crédit quoi qu’il arrive. Le bon réglage dépend des revenus de chacun et de votre prévoyance existante. Les investisseurs locatifs ont, eux, un raisonnement propre : l’assurance d’un prêt finançant un bien loué nu est déductible des revenus fonciers au régime réel, ce qui adoucit son coût effectif. Autant d’arbitrages à poser une bonne fois, proprement, plutôt que de dupliquer sans réfléchir le contrat proposé par la banque.

Un exemple chiffré à Lescar

Un couple de 34 et 36 ans emprunte 230 000 € sur 22 ans pour une maison à Lescar. Chiffres illustratifs : l’assurance groupe proposée ressort à 0,34 % du capital initial, soit environ 65 € par mois pour le couple sur une quotité 50/50. Une délégation d’assurance à 0,12 %, à garanties équivalentes, ramène la cotisation à environ 23 € par mois. L’écart, proche de 42 € par mois, représente plus de 11 000 € sur la durée du prêt, sans aucune modification du taux du crédit ni des mensualités de capital. Et comme la part assurée par tête (115 000 €) reste sous le seuil de 200 000 € avec un prêt soldé avant 60 ans, aucun questionnaire médical n’est exigé pour la souscription du nouveau contrat.

FAQ

Ma banque peut-elle refuser le changement d’assurance ?

Non, dès lors que le nouveau contrat présente des garanties au moins équivalentes à celles exigées dans la fiche standardisée d’information. La banque doit répondre sous dix jours ouvrés et motiver précisément tout refus ; les pratiques dilatoires sont sanctionnées par la répression des fraudes.

Le taux de mon crédit change-t-il ?

Non. La substitution d’assurance donne lieu à un simple avenant : taux nominal, durée et mensualités de capital restent identiques. Seule la cotisation d’assurance diminue, ce qui réduit le coût global de votre crédit.

Qui a le plus intérêt à changer ?

Les emprunteurs jeunes et en bonne santé, les non-fumeurs, les prêts récents ou de longue durée et les capitaux élevés : plus il reste d’années à courir, plus l’économie cumulée est importante. Un contrat souscrit il y a seulement deux ou trois ans mérite presque toujours un devis comparatif.

En résumé

La loi Lemoine a rendu le changement d’assurance emprunteur simple, gratuit et possible à tout moment : garanties équivalentes, avenant sans modification du crédit, réponse de la banque sous dix jours ouvrés et, dans de nombreux cas, plus aucun questionnaire médical. À la clé, plusieurs milliers d’euros d’économies potentielles, que l’on peut réorienter vers l’épargne ou la protection de la famille. Pour vérifier ce que votre contrat actuel vous coûte réellement et intégrer cette optimisation à votre stratégie globale, un conseiller en gestion de patrimoine à Pau vous accompagne : premier rendez-vous d’échange offert.

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